Klaus Welle au Cercle du Lac
Conférence - 11 février 2026
Retour photos ci-dessous 👇
Conférence avec Klaus Welle – Quel avenir pour la défense et la souveraineté européenne ?
Le 11 février, le Cercle du Lac a accueilli Klaus Welle, ancien Secrétaire général du Parlement européen, pour une conférence consacrée aux enjeux géopolitiques actuels et au futur de la défense européenne. À travers une analyse stratégique des rapports de force internationaux, il a dressé un constat lucide : l’Europe doit repenser son autonomie, son modèle de sécurité et son leadership face à un monde en profonde mutation.
Un contexte international en mutation rapide
Selon Klaus Welle, la Russie est revenue à une logique historique expansionniste, observable depuis plusieurs siècles. Cette évolution oblige l’Europe à repenser ses mécanismes de défense et sa dépendance stratégique vis-à-vis des États-Unis.
Parallèlement, les États-Unis réorientent progressivement leurs priorités militaires vers l’Asie, une région devenue centrale dans leur stratégie économique et géopolitique. Face à une Russie plus agressive et à la montée en puissance de la Chine – notamment via ses politiques industrielles et ses subventions massives – Washington demande désormais à l’Europe de prendre davantage de responsabilités au sein de l’OTAN.
L’Europe face à ses propres contradictions
Historiquement composée d’empires, l’Europe est aujourd’hui un ensemble d’États-nations nombreux et hétérogènes. Cette fragmentation a favorisé sa spécialisation dans certains domaines économiques, comme l’externalisation, tout en la rendant dépendante des États-Unis pour sa sécurité.
Klaus Welle souligne ainsi une « illusion de souveraineté » : sans capacité de défense crédible et autonome, la souveraineté européenne reste fragile.
Les grands défis de la défense européenne
Plusieurs constats majeurs ont été abordés :
- Le rôle clé de l’Ukraine : actuellement en première ligne, l’Ukraine contribue directement à la sécurité européenne. Une fois la guerre terminée, sa demande d’adhésion à l’Union européenne pourrait poser des défis institutionnels majeurs, notamment en raison de son poids militaire.
- La préparation militaire insuffisante de l’Europe : en cas de conflit dans la région baltique, l’Europe pourrait se retrouver vulnérable si l’intervention américaine tardait.
- Des divisions internes : les pays d’Europe de l’Est investissent davantage dans la défense car ils se sentent plus exposés, tandis que certains pays d’Europe occidentale disposent de marges économiques plus limitées.
- La nécessité d’une architecture européenne de défense : l’Union a commencé à avancer, notamment avec la création d’un commissaire à la défense, mais les efforts restent insuffisants.
Selon Klaus Welle, les principales sources de puissance aujourd’hui reposent sur quatre piliers : le militaire, l’économique, le technologique et le médiatique.
Dix priorités pour renforcer l’Europe
Pour répondre aux défis actuels, Klaus Welle a présenté une feuille de route en dix points :
- Renforcer l’unité réelle des 27 États membres pour atteindre une souveraineté collective.
- Accroître les ressources et les compétences de l’Union européenne.
- Investir davantage dans la défense du continent.
- Consolider le marché intérieur et sécuriser l’accès aux ressources stratégiques et aux instruments financiers européens.
- Stimuler la croissance économique.
- Rendre l’Union plus attractive afin de limiter l’exportation massive de capitaux.
- Réindustrialiser et renforcer les industries de base.
- Maintenir des finances publiques soutenables.
- Diversifier les partenariats commerciaux internationaux, notamment vers le Mercosur et l’Inde.
- Répondre aux fractures internes et à la montée des extrêmes, alimentées par le sentiment d’abandon d’une partie de la classe moyenne et des personnes fragilisées par les crises.
Un besoin urgent de leadership européen
Enfin, Klaus Welle a insisté sur la nécessité d’un leadership fort pour guider l’Europe dans cette période d’incertitude, citant notamment le rôle de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
La conférence s’est conclue sur une question essentielle : les États européens sont-ils réellement prêts à construire une souveraineté collective, ou continuent-ils à croire qu’ils peuvent agir seuls dans un monde devenu profondément interconnecté ?














