Pieter Timmermans au Cercle du Lac
Conférence - 20 janvier 2026
Regards sur la compétitivité belge et européenne
Le 20 janvier 2025, le Cercle du Lac a accueilli Pieter Timmermans, CEO de la FEB (Fédération des entreprises belges), pour une conférence consacrée aux grands défis économiques, sociaux et géopolitiques auxquels la Belgique et l’Europe sont aujourd’hui confrontées.
Une prospérité sous pression
La Belgique figure encore dans le Top 25 mondial en matière de prospérité et de richesse. Elle reste reconnue pour la qualité de ses managers, appréciés à l’international pour leur sens du compromis et leur capacité à trouver des solutions. Toutefois, cette position est en net recul : il y a quelques années, notre pays faisait partie du Top 10 et, sans réformes structurelles, il pourrait encore perdre en influence dans les 15 prochaines années. Le constat est clair : l’impact international de la Belgique s’érode progressivement.
Un modèle social performant mais fragilisé
Si la Belgique peut se targuer d’un système de sécurité sociale solide, celui-ci est aujourd’hui mis à rude épreuve par le vieillissement de la population. Nous vivons plus longtemps, étudions plus longtemps, mais sans allonger proportionnellement la durée de nos carrières. Avec un taux d’emploi de 72 %, jugé insuffisant, et une augmentation mécanique des dépenses de soins de santé, la soutenabilité du modèle devient un enjeu central.
Fiscalité et coût du travail
Autre élément clé du débat : la pression fiscale. La Belgique figure parmi les pays les plus taxés au monde, avec un coût du travail particulièrement élevé pour les employeurs.
Réformes en cours et comparaisons européennes
Plusieurs réformes récentes ont été évoquées, parmi lesquelles la limitation dans le temps des allocations de chômage, la réforme des périodes assimilées pour les pensions, ou encore la libéralisation de la SNCB prévue à l’horizon 2032. En comparaison, certains pays européens vont plus loin : le Danemark envisage par exemple une pension à 70 ans et a déjà supprimé son service postal public.
Un contexte géopolitique incertain
La situation économique est également compliquée par un contexte géopolitique instable, notamment lié au retour de politiques protectionnistes aux États-Unis. Les mesures annoncées par Donald Trump pourraient avoir un impact direct sur les entreprises belges : selon la FEB, 50 % d’entre elles envisagent d’augmenter leurs prix à l’exportation, tandis que 50 % absorberaient le choc sur leurs marges.
Les moteurs de l’économie belge
L’économie belge repose aujourd’hui sur trois moteurs : des investissements jugés trop faibles et souvent limités au remplacement plutôt qu’à la croissance, des exportations relativement stables, et une consommation intérieure dynamique. Cette dernière ne peut toutefois pas constituer le seul levier de croissance à long terme.
L’Europe face à ses limites
Enfin, Pieter Timmermans a élargi la réflexion à l’échelle européenne. Le PIB de l’Europe reste inférieur de 10 % à celui des États-Unis. Le rapport Draghi souligne la nécessité d’éliminer les barrières internes liées au protectionnisme et de renforcer le marché unique. La diversification des accords commerciaux, notamment avec des régions comme le Mercosur, est également essentielle pour rester compétitif. Faute de quoi, d’autres blocs économiques prendront une avance décisive. L’Europe, a-t-il conclu, n’est aujourd’hui plus en mesure d’imposer ses standards au reste du monde.











